Un circuit de chauffage est un circuit fermé : la même eau y tourne pendant des années. En théorie, on la met une fois et on n’y touche plus. En pratique, l’eau de remplissage et les appoints qui suivent décident en grande partie de l’état du réseau dans dix ans : tartre, corrosion et boues viennent presque toujours de ce qui est entré dans le circuit.

Ce que l’eau de ville apporte au circuit

  • Du calcaire. La dureté de l’eau, mesurée en degrés français (°f), varie beaucoup d’une région à l’autre. Chauffé, le calcaire se dépose sur les surfaces les plus chaudes : corps de chauffe, échangeurs. Une fine couche suffit à faire baisser l’échange de chaleur.
  • De l’oxygène. L’eau froide du réseau public contient de l’oxygène dissous. Dans un circuit, il attaque l’acier et produit des oxydes de fer, qui deviennent les boues.
  • Des sels dissous. Chlorures et sulfates rendent l’eau plus conductrice et favorisent la corrosion, en particulier là où deux métaux différents se touchent.

Au premier remplissage, ces apports restent limités : le calcaire se dépose une fois, l’oxygène est consommé, et le circuit se stabilise. Le problème vient des appoints répétés, qui apportent à chaque fois une nouvelle dose de calcaire et d’oxygène.

Eau adoucie ou eau déminéralisée ?

L’eau adoucie passe sur des résines qui retirent le calcium et le magnésium, responsables du tartre. Elle ne fait plus de calcaire, mais les autres sels restent dans l’eau : sa conductivité ne baisse pas.

L’eau déminéralisée a perdu la quasi-totalité de ses sels. Elle ne dépose pas de tartre et, très peu conductrice, elle limite aussi la corrosion. C’est l’eau que recommandent de plus en plus de fabricants de chaudières à condensation et de pompes à chaleur, notamment quand le circuit contient de l’aluminium.

Le choix dépend de l’installation, des métaux présents et des exigences du fabricant, qui fixe dans sa notice la qualité d’eau à respecter. Dans tous les cas, l’eau de remplissage est complétée par un inhibiteur de corrosion adapté, et le pH est vérifié après la mise en service.

Sur un réseau de chauffage, nous avons par exemple installé sur l’eau d’appoint un adoucisseur, une bouteille de déminéralisation et un groupe de dosage : l’eau qui entre dans le circuit est déjà traitée, et le produit est injecté en proportion de l’eau ajoutée. Voir nos réalisations.

Des appoints fréquents : un signal à ne pas négliger

Un circuit fermé en bon état ne devrait presque pas consommer d’eau. Si la pression baisse régulièrement et qu’il faut remettre de l’eau, il y a une raison :

  • une fuite, parfois invisible : canalisation encastrée, soupape de sécurité qui goutte à l’égout ;
  • un vase d’expansion dégonflé, qui ne joue plus son rôle : la pression varie fortement, la soupape s’ouvre à chaud et le circuit perd de l’eau ;
  • des purges trop fréquentes. Une partie du gaz évacué aux purgeurs peut venir de la corrosion de l’acier elle-même, qui libère de l’hydrogène.

Un compteur d’eau sur l’appoint, relevé à chaque visite, permet de suivre cette consommation. C’est une mesure simple, peu coûteuse, et souvent la première à révéler qu’un réseau se dégrade.

Les bons réflexes

  • Traiter l’eau d’appoint plutôt que le circuit après coup : adoucisseur ou déminéralisation selon l’installation.
  • Suivre la quantité d’eau ajoutée et en chercher la cause quand elle augmente.
  • Vérifier le gonflage du vase d’expansion lors de l’entretien.
  • Faire contrôler l’eau du circuit par une analyse : dureté, pH, conductivité, fer, concentration de l’inhibiteur.
  • Après des travaux ou une vidange, refaire le remplissage avec une eau traitée, et non directement depuis le réseau public.

Notre accompagnement

Nos équipes dimensionnent et installent les adoucisseurs, déminéralisateurs et groupes de dosage sur l’eau d’appoint, puis les suivent dans le cadre de notre traitement préventif. Notre laboratoire analyse l’eau de vos circuits. Parlez-nous de votre installation.