Une tour aéroréfrigérante refroidit l’eau d’une climatisation ou d’un procédé industriel en la mettant en contact avec l’air. Cette évaporation est efficace, mais elle produit aussi des gouttelettes très fines, qui peuvent être emportées par le vent. Si l’eau du circuit contient des légionelles, ces gouttelettes deviennent un risque pour le voisinage. C’est pour cette raison que les tours sont des installations classées, suivies de près.

Une installation classée, donc déclarée

Les tours aéroréfrigérantes relèvent de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement. Selon la puissance de l’installation, elle est soumise à déclaration ou à enregistrement, et l’exploitant a des obligations précises de surveillance, d’entretien et de traçabilité.

La première d’entre elles est souvent oubliée : l’exploitant doit disposer d’une analyse méthodique des risques, révisée au moins tous les deux ans, et à chaque modification importante de l’installation ou du traitement. Ce document décrit l’installation, identifie ce qui peut favoriser la prolifération des légionelles, et définit les mesures de maîtrise. C’est le socle de tout le reste.

La surveillance de l’eau

Le suivi repose sur des analyses de Legionella pneumophila réalisées sur l’eau du circuit, au minimum tous les deux mois pendant la période de fonctionnement pour une installation soumise à déclaration. Deux niveaux de résultat structurent la conduite à tenir :

  • à partir de 1 000 UFC/L, il faut agir sans attendre : actions curatives pour faire baisser la concentration, puis nouvelle analyse sous 48 heures à une semaine. Après deux résultats consécutifs à ce niveau, une recherche approfondie des causes est menée, et l’inspection des installations classées est informée au-delà de trois résultats consécutifs ;
  • à partir de 100 000 UFC/L, la dispersion d’eau doit être arrêtée immédiatement, des actions curatives engagées et l’inspection des installations classées prévenue sans délai, avec un rapport d’incident dans les deux mois.

À ce suivi s’ajoutent des contrôles plus courants mais tout aussi utiles : conductivité, pH, chlore ou biocide résiduel, aspect de l’eau. Ils permettent de voir la dérive venir entre deux analyses bactériologiques.

Le nettoyage et la désinfection

Une tour s’encrasse vite. L’air qu’elle brasse y apporte des poussières, des pollens et des insectes, et l’eau qui s’évapore concentre les sels dissous. Il se forme un mélange de dépôts et de biofilm, qui protège les bactéries et réduit l’échange thermique.

La règle est donc double : un nettoyage complet, avec vidange, au moins une fois par an et avant chaque redémarrage après un arrêt prolongé, et une désinfection adaptée à ce qui a été constaté. Les parties à ne pas oublier sont le bassin, le garnissage, les parois et le système de distribution d’eau.

Un traitement d’eau continu, avec biocide et dispersant dosés selon l’usage réel, complète ces opérations. Il ne remplace pas le nettoyage mécanique : un biocide ne pénètre pas un dépôt épais.

Le carnet de suivi

Tout doit être écrit et conservé : les analyses, les relevés, les nettoyages, les interventions, les incidents et les mesures prises. En cas de contrôle de l’inspection des installations classées, ou d’enquête sanitaire après un cas de légionellose dans le secteur, c’est ce carnet qui montre que l’installation a été exploitée correctement.

Un carnet tenu à jour protège l’exploitant. Un carnet incomplet le met en difficulté, même si l’entretien a réellement été fait.

Les erreurs que nous voyons le plus souvent

  • Un arrêt saisonnier mal géré : l’eau reste dans le bassin pendant des semaines à température ambiante, puis l’installation redémarre sans nettoyage.
  • Un traitement dosé une fois pour toutes, sans tenir compte de la charge réelle ni des périodes de forte chaleur.
  • Un déconcentration mal réglée : l’eau se concentre trop, les dépôts s’accélèrent et le biocide devient inefficace.
  • Des prélèvements faits au même endroit facile d’accès, qui ne représentent pas le circuit.

Ce que nous faisons

Nous accompagnons les exploitants de tours sur l’ensemble de la chaîne : diagnostic de l’installation, traitement d’eau adapté, nettoyage et désinfection, analyses et tenue du suivi. Nos équipes interviennent sur les sites industriels comme sur les installations tertiaires.

Parlez-nous de votre installation : puissance, usage, période de fonctionnement et historique des analyses suffisent pour un premier échange utile.

Sources