La légionelle est une bactérie présente naturellement dans l’eau. Elle devient dangereuse quand elle se multiplie dans un réseau d’eau chaude et qu’elle est respirée sous forme de fines gouttelettes, par exemple sous une douche. La maladie qu’elle provoque, la légionellose, touche surtout les personnes fragiles : c’est pourquoi les établissements recevant du public, les établissements de santé et les EHPAD sont particulièrement surveillés.
Voici ce qu’un exploitant doit savoir, et ce qui est réellement contrôlé.
La température est votre premier moyen d’action
La légionelle se multiplie dans une eau tiède, entre 25 et 45 °C environ. En dessous, elle survit sans se développer. Au-delà de 50 °C, elle cesse de se multiplier, et à partir de 60 °C elle est détruite en quelques minutes.
Les règles applicables à l’eau chaude sanitaire en découlent directement :
- 55 °C minimum en sortie du ballon dès que le volume de stockage atteint 400 litres, en permanence ou par une élévation de température au moins une fois par jour ;
- 50 °C minimum en tout point du réseau de distribution dès que le volume entre la production et le point de puisage dépasse 3 litres, retour de boucle compris ;
- 50 °C maximum aux points de puisage des pièces destinées à la toilette, pour éviter les brûlures.
Ces deux dernières exigences ne se contredisent pas : l’eau circule chaude dans le réseau, puis elle est mitigée au plus près du point d’usage. Un mitigeur placé trop loin crée au contraire un volume d’eau tiède permanent, donc un risque.
Les analyses de contrôle
La surveillance repose sur des prélèvements réalisés aux points d’usage représentatifs du réseau, en général la douche la plus éloignée de la production, ainsi que sur le retour de boucle et en sortie de production.
Les analyses de légionelles sont au minimum annuelles : aux points d’usage à risque représentatifs, au fond du ballon et sur le retour de boucle. Ce qui change selon l’établissement, c’est le suivi des températures : relevés quotidiens en sortie de production et hebdomadaires aux points d’usage dans les établissements de santé, mensuels dans les autres établissements recevant du public.
Le résultat s’exprime en unités formant colonies par litre d’eau, ou UFC/L. La limite de qualité est de 1 000 UFC/L de Legionella pneumophila à tous les points d’usage à risque.
Les relevés de température, les résultats d’analyses et les interventions doivent être consignés. En cas de contrôle ou d’incident, c’est ce carnet de suivi qui prouve que l’installation est correctement exploitée.
Les points faibles d’un réseau
Dans la pratique, les dérives viennent presque toujours des mêmes endroits :
- les bras morts : une antenne de canalisation qui ne sert plus, un local condamné, une chambre inoccupée. L’eau y stagne et tiédit ;
- le bas du ballon, où se déposent les boues et où l’eau est plus froide qu’en partie haute ;
- un bouclage mal équilibré : certaines colonnes reçoivent un débit insuffisant et le retour descend sous 50 °C ;
- l’entartrage et la corrosion : le tartre et les dépôts de rouille abritent les bactéries et les protègent des désinfectants ;
- les périodes d’arrêt : fermeture estivale, travaux, ailes vides. La remise en service est un moment critique.
Un audit sanitaire permet de repérer ces défauts avant qu’ils ne se traduisent par un résultat positif.
Que faire en cas de résultat positif
Un dépassement n’est pas une fatalité, mais il demande une réaction rapide et méthodique :
- informer les personnes concernées et, selon l’établissement et le niveau mesuré, restreindre les usages à risque ;
- rechercher la cause : température, stagnation, entartrage, défaut d’équilibrage ;
- traiter le réseau : désinfection par choc chloré ou par station de désinfection automatisée, associée si nécessaire à un détartrage ;
- corriger le défaut d’origine, sinon la contamination réapparaîtra ;
- contrôler par de nouvelles analyses, puis renforcer la surveillance pendant quelques semaines.
Traiter la cause, pas seulement la bactérie
Une désinfection seule règle le problème du jour. Si le réseau reste entartré, mal équilibré ou percé de bras morts, la légionelle reviendra. C’est la raison pour laquelle nous associons presque toujours la désinfection à un diagnostic du réseau et à un suivi régulier des températures et des analyses.
Nos équipes interviennent sur les réseaux d’eau chaude sanitaire des établissements de santé et EHPAD, des immeubles d’habitation et des sites industriels. Décrivez-nous votre installation et nous vous dirons par où commencer.



